1 Le sort de l’homme sur la terre est celui d’un soldat,
2 Comme l’esclave soupire après l’ombre,
3 Ainsi j’ai pour partage des mois de douleur,
4 Je me couche, et je dis: Quand me lèverai-je? Quand finira la nuit?
5 Mon corps se couvre de vers et d’une croûte terreuse,
6 Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand,
7 Souviens-toi que ma vie est un souffle!
8 L’œil qui me regarde ne me regardera plus;
9 Comme la nuée se dissipe et s’en va,
10 Il ne reviendra plus dans sa maison,
11 C’est pourquoi je ne retiendrai point ma bouche,
12 Suis-je une mer, ou un monstre marin,
13 Quand je dis: Mon lit me soulagera,
14 C’est alors que tu m’effraies par des songes,
15 Ah! Je voudrais être étranglé!
16 Je les méprise!… je ne vivrai pas toujours…
17 Qu’est-ce que l’homme, pour que tu en fasses tant de cas,
18 Pour que tu le visites tous les matins,
19 Quand cesseras-tu d’avoir le regard sur moi?
20 Si j’ai péché, qu’ai-je pu te faire, gardien des hommes?
21 Que ne pardonnes-tu mon péché,